Choses politiques

Blaise Pascal écologiste

Il y aura toujours des sceptiques pour dire que le réchauffement climatique n’a rien à voir avec les comportements humains. Grand bien leur fasse. Mais l’écrivain Amin Maalouf, dans son essai « Le dérèglement du monde » apporte, à mon goût, un argument décisif dans le débat, une raison de modifier nos comportements; il nous propose de faire un « pari de Pascal » écologique (je souligne):

« Et c’est là le fondement du pari que je formule concernant le réchauffement climatique: si nous nous montrions incapables de changer nos comportements, et que la menace se révélait réelle, nous aurions tout perdu; si nous parvenions à changer raidcalement nos comportements, et que la menace se révélait illusoire, nous n’aurions absolument rien perdu.

Car les mesures qui permettraient de faire face à la menace climatique sont en réalité, quand on y réfléchit, des mesures qui, de toute manière, mériteraient d’être prises – afin de diminuer la pollution et les effets néfastes qui en résultent pour la santé publique; afin de réduire les menaces de pénuries et les perturbations sociales qu’elles pourraient provoquer; afin d’éviter les conflits acharnés pour le contrôle des zones pétrolières, des zones minières, ainsi que des cours d’eau; et afin que l’humanité puisse continuer à avancer dans une plus grande sérénité. »

(A. Maalouf, Le dérèglement du monde, Grasset: Paris, 2009; pp. 286-287)

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Ce que je n’arrive pas à comprendre chez les humains

Mon chat Tibert (toujours en fugue) m’a laissé une liste de choses qu’il ne comprenait pas chez les humains:

les femmes enceintes qui fument

Tibert ne comprend pas pourquoi les humains cherchent à connaître en détails certains phénomènes médicaux, pour les ignorer grossièrement la minute d’après.

– l’engouement pour les sports automobiles

Qu’est-ce qu’il y a de spectaculaire? (m’a demandé un jour Tibert). L’impression de vitesse, sans doute (lui ai-je répondu). Mais pourtant, c’est la vie qui va déjà trop vite (m’a-t-il rétorqué).

– l’armée suisse

Tibert estime que le concept « d’armée défensive » est la plus grande mascarade rhétorique du siècle.

– la presse people

On dirait que vous cherchez à vous intéresser à ce qui est le plus bizarre, le plus lointain, le plus exceptionnel de vos propres âmes. Pourtant vous avez quantité de philosophes qui auraient dû vous convaincre que le voyage en vous-mêmes était le seul qui vaille la peine.

– les gens qui ne se saluent pas dans la rue

C’est peut-être parce que je suis un chat (me dit-il), mais je ne comprends pas comment vous pouvez passer les uns à côté des autres sans vous adresser ne serait-ce qu’un signe de reconnaissance. Moi, je salue même les fleurs et les abeilles, tu sais. On fait tous partie du monde vivant, oui ou merde?

Tibert et sa liste

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Écologie et cohérence

Les gens sont très sensibles à l’environnement. Ils ont lu beaucoup d’informations contradictoires sur le sujet, ils ont vu les films du commandant Cousteau et d’Al Gore, ils se laissent nonchalamment agresser par les démarcheurs Greenpeace dans la rue.

Ensuite, ils vous tiennent des théories fabuleuses: « Tu sais, c’est dingue ce que les gens consomment comme eau du robinet; il y en a même qui laisse couler pendant qu’ils se brossent les dents. Pendant qu’ils SE BROSSENT LES DENTS! »

Dingue.

Tibert à l’attaque des idées reçues (aucun rat n’a été blessé pendant la prise de vue)

Et puis au bout d’un moment, vous vous rendez compte que ces mêmes personnes qui vous tiennent des théories faramineuses sur la consommation d’eau, vous servent un sirop EN LAISSANT L’EAU COULER. C’est pour mieux la refroidir, disent-ils. Tu parles. C’est pour mieux gaspiller, mon enfant.

Mais si vous vous égarez à leur faire une remarque, alors là, ils le prennent très mal, et vous renvoie à VOTRE PROPRE consommation. « Ah ouais, je te vois venir avec ta mine d’écologiste en herbe; mais t’es venu en voiture, si je ne m’abuse? Et puis tes fringues, ils viennent de Taïwan en pétrolier, mon gars. Et puis pour ton sirop, il a bien fallu toute une industrie polluante derrière, alors j’hésite à te servir une eau tiède, pour t’apprendre à me faire des remarques désobligeantes. »

Et c’est là que l’argumentation est vicieuse: les consommateurs croient que les comportements écologiques impliquent une entrée en religion. Ils pensent qu’il faut faire tout, ou alors ne rien faire du tout. Mais c’est pas parce qu’on ne peut pas changer le monde en dix minutes qu’il ne faut rien faire dans cette direction. On peut appeler ça de l’idéalisme pragmatique.

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