Choses politiques

Le paradoxe du Marché de Noël

Je suis en train de finir l’assortiment de biscuits de Noël que m’a généreusement offert ma concierge. C’est drôle, elle a mis ses propres biscuits dans un sachet de cellophane, avec quelques « vrais » petits chocolats, comme si elle voulait dissimuler son amateurisme sous des friandises de professionnels. Pourtant, je les trouve délicieux, ses chocolats. Ma concierge est une personne modeste.

Toujours est-il que le mix est plutôt agréable: entre les biscuits – un peu secs, il est vrai – et le fondant des chocolats, je trouve mon bonheur. Et ça symbolise assez bien l’ambiance de nos Noëls modernes: un grand mélange de quelque chose et de n’importe quoi, dans un débordement d’émotion qui vous fait croire qu’un monde meilleur est possible.

Avec un pote, on dissertait sur le paradoxe du « marché de Noël ». On se disait que quand même, Noël n’était pas une fête a priori très commerciale, et que les marchands étaient pourtant revenus dans le temple. Au coeur des villes, c’est comme si un furoncle capitaliste avait poussé, écarté entre la bienveillance générale et le souci d’acheter – vite – encore le cadeau de tante Agathe: entre les échoppes ou chalets s’échappent les effluves les plus diverses, allant du biscôme au hot-dog, du vin chaud à la bière blanche, où de la bougie colorée au godemiché parfumé. Beurk! Quel patchwork d’idées.

Je suis prêt à vous parier que si le petit Jésus avait mis les pieds dans un marché de Noël, il ne se serait même pas donné la peine de naître.

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